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kamon

KA signifie « famille avec ses propres arbres généalogiques » et MON « emblème ». Les Mon, également appelés monshō, mondokoro, ou kamon, sont les armoiries des familles japonaises. Le Mon se réfère à n’importe quel symbole, tandis que le Kamon et le Mondokoro se réfèrent spécialement aux armoiries familiales. Ainsi les clans de familles seront reconnaissables par des Kamon alors qu’un seul individu qui aura participé à de grands événements portera un Mon.

Un mon consiste en un symbole souvent encerclé ou de forme arrondie. Les dessins étaient souvent des versions stylisées de thème ou objets japonais, souvent issus de la nature, tels que les bambous, les montagnes, les vagues, les oiseaux etc. Presque tout dans la nature avait une symbolique, superstitieuse ou non.


De ce fait, il y avait beaucoup de choses pouvant influer dans le choix du kamon. On trouve également des symboles religieux, des outils, des armes et des caractères chinois. Les artistes eux-mêmes pouvaient choisir leurs mon, représentant leur art (une geisha pouvait utiliser le symbole de l’éventail).

Une femme pouvait également porter son propre mon, n’étant pas obligée d’adopter celui de son époux ou de son père. Elle pouvait alors le transmettre à sa fille.

Les kamon datent du 11° ou 12° siècle, mais les formes les plus basiques sont apparues en premier à la période Nara (710-794), sur les habits et possessions de la cour. La tradition de choisir ou transmettre son kamon s’est ensuite développée durant la période Heian (794-1192) parmi la noblesse entourant la cour impériale.

C’est à partir de la période Kamakura (1185-1333) et avec la prolifération des clans militaires, que la variété de kamon a augmenté. Les 350 modèles de base furent modifiés pour distinguer les différents clans. Ainsi, on retrouve aujourd’hui de nombreuses variantes dérivées d’un même modèle de base modifié autrefois par le second ou deuxième fils de famille, qui une fois marié créa sa propre famille. Le premier fils conservait les armoiries originales de son père.

On compte aujourd’hui plis de 10 000 schémas de Mon. Les samouraï pouvaient obtenir un kamon de différentes façons. La plupart du temps, comme nous l’avons vu, le symbole était transmis de génération en génération, mais il arrivait qu’il soit donné en récompense par un daimyo à son serviteur féodal. La cour impériale et le shogun autorisaient ce système. La famille honorée arrêtait alors d’arborer l’ancien kamon et adoptait le nouveau. Un kamon pouvait enfin être obtenu à la suite d’un mariage ou d’une alliance entre deux familles : les familles importantes possédaient deux kamon, un pour les occasions importantes et un pour un usage quotidien.

C’est pendant la période Muromachi (1333-1568) que les kamon prirent un usage très militaire et furent employés sur les champs de bataille, comme moyen d’identification rapide. Ils furent donc placés sur l’armure, sur le kabuto (casque), sur le do (cuirasse), sur les drapeaux, sur les tentes, les coffres, les éventails de guerre et autres armes. Ils obtinrent aussi une signification sociale et politique, car empruntés aux ennemis vaincus. Au temps de la période Edo (1600-1868), le port du kamon était largement répandu au Japon.

Après l’avènement des Tokugawa en 1603, une période de stabilité politique s’établit et la régularisation des kamon fut faite. Des livres sur l’héraldique furent publiés, et l’étalage des kamon passa de la sphère militaire à la sphère civile, avec des dessins plus ornementaux et élaborés.

A la fin de la période Edo, les restrictions sur le port du kamon furent abolies et l’usage fut répandu aux courtisans, acteurs, marchands et même à la population. Mais cette tradition se perdit quelque peu avec l’extinction de l’âge féodal.

Actuellement, les familles portent toujours des kamon mais leur usage et utilité est rare. On emploie surtout des Inkan pour des raisons professionnelles. Cependant, les kamon peuvent encore se voir sur les devantures de certains magasins et échoppes tenus par des artisans. Beaucoup de restaurants de sushi incorporent des mon à leurs logos ; certains mon peuvent encore se voir sur les tuiles de céramique de certaines maisons anciennes. Les mon apparaissent également sur les emballages de tofu, sake ou senbei, leur donnant un certain air d’élégance et de raffinement. Le mon du paulownia apparaît ainsi sur les pièces de 500 yens


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